
Grâce à l’OQAJ, deux jeunes vidéastes ont participé, du 9 au 14 juin dernier, à la première édition de la Semaine de cinéma québécois réalisé par des femmes en Argentine (Semana de Cine de Quebec Realizado por Mujeres en Argentina). L’événement, qui a eu lieu à Buenos Aires, était organisé conjointement par Vidéo Femmes, centre de production et distribution de vidéos et films indépendants réalisés par des femmes, situé à Québec, et MG Producciones Documentales, centre de production de cinéma indépendant de l’Argentine.
Tamara Taddeo et Geneviève Allard ont donc été invitées à présenter leurs œuvres lors de soirées de projection s’étant tenues à l’Alianza Francesa de Buenos Aires et au Cine Gaumont. Le public argentin a visionné La neige rouillée, documentaire de Tamara Taddeo, ainsi que deux courts métrages de Geneviève Allard tirés de l’œuvre collective Un cri au bonheur, soit Bonheur, ultime taboo et La table d’histoires, de style vidéo d’art. En plus de répondre aux questions du grand public lors des diffusions en salle, Tamara et Geneviève ont offert des classes de maîtres, soit des ateliers d’échanges, à des réalisatrices argentines. À partir d’extraits tirés de leurs courts métrages, elles ont témoigné de leur démarche artistique, du processus de création et de l’ensemble des choix à faire lors des différentes étapes entourant la création d’une oeuvre vidéographique. Aussi, elles ont participé à une table ronde où producteurs et réalisateurs ont pu échanger sur la situation des femmes dans le milieu cinématographique, notamment sur les mesures mises en place afin de faciliter l’accès au financement des femmes.
Les deux jeunes artistes étaient entourées de deux autres cinéastes établies, soit Pauline Voisard, productrice et réalisatrice à Vidéo Femmes, et Carole Laganière, réalisatrice indépendante reconnue du milieu cinématographique. Ces dernières les ont notamment supportées dans leur travail de présentation.
Tamara et Geneviève espèrent que leur participation à cet événement international leur permettra d’accroître leur visibilité et leur notoriété professionnelles. Elles souhaitent bonifier leurs œuvres grâce à l’intégration de nouvelles pratiques dans leur art. Vidéo Femmes désire répéter l’expérience. « On espère que les collaborations vont continuer. On ne sait pas exactement sous quelle forme encore. », mentionne Geneviève.
Ce projet s’est inscrit dans le cadre d’un échange Québec-Argentine. En mars dernier, une quinzaine d’œuvres cinématographiques réalisées par des cinéastes argentines ont été présentées à Québec et à Montréal dans le cadre du Festival de cinéma des 3 Amériques (FC3A). Deux artistes argentines, responsables du centre MG Producciones Documentales, étaient présentes pour faire connaître leurs films.
La table d’histoires
Une gare au début du XXe siècle, un lieu de passage où les destins se croisent et où chacun emprunte son propre chemin. Authentiques images d’époque jumelées à des archives reconstituées, des voyageurs circulent comme des figures vaporeuses qui se dérobent doucement au regard. La lumière manque, la lumière brûle, les archives se dégradent et se désagrègent, la disparition est prochaine.
Bonheur ultime tabou
Paysages imaginaires nocturnes, tableaux composés de fragments de lieux réels infographiquement juxtaposés les uns aux autres. Des forêts, des montagnes, des routes, un fleuve, puis une ville se découpent et s’assemblent pour créer de nouveaux paysages intemporels et mystérieux. Ici, un parcours onirique et intrigant est effectué. De la nature à la ville, de l’aérien au terrestre, de l’isolement au centre-ville, puis rebours : vers le silence et le calme, au rythme du poème.
La neige rouillée
Peut-être que la plus grande différence entre un drame collectif et un drame personnel, c’est que le premier résonne dans les autres tandis que le dernier ne percute que quelques proches. On croit que c’est fini et ça rebondit d’un coin obscur et, si on en parle, on n’a ni la consolation, ni l’assentiment général d’une souffrance collective. Peut-être qu’en le jetant sur pellicule, le mot adieu prend enfin un sens. Ou est-ce qu’au contraire on l’oublie, le temps d’un tournage, le temps de renouer avec le disparu? Ce film autobiographique où s’entrechoquent des archives familiales en super 8, des images de la ferme abandonnée, des instants lyriques et des énigmes d’un meurtre non résolu saisit comme la synthèse d’un deuil. Cette confession, tantôt à la dérobée, tantôt à l’arrachée, renvoie à la difficulté d’aimer à l’imparfait.
Site Internet à consulter :
Vidéo Femmes
www.videofemmes.org
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